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Où vivent les pauvres dans la région de Montréal ?

Il n’est pas toujours facile, quand on considère s’établir dans une ville, de savoir s’il s’agit d’une municipalité où les citoyens sont aisés ou pauvres. Si la réponse est évidente dans plusieurs cas, ce n’est pas aussi facile pour d’autres. Quelles sont les villes de la région de Montréal où il y a le plus de pauvreté ? La réponse ici !

Voici, ci-bas, une carte qu’il est possible de cliquer pour agrandir et qui fait état des endroits où il y a le moins de ménages pauvres (en vert) et le plus de ménages en situation de pauvreté (en rouge). Les deux déciles inférieurs du revenu ont été considérés pour établir la pauvreté des habitants.



On remarque, en observant cette carte, que la région est, grosso modo, divisée en trois : la rive-sud est généralement favorisée, l’île de Montréal généralement défavorisée, tandis que Laval et la rive-nord ont des conditions plus variées.

La présence d’une forte proportion de la population vivant dans la pauvreté a des conséquences très négatives.

Shaw et al. (2007) font état d’un fort lien entre l’ampleur du problème de la drogue et les inégalités économiques.

Chetty et al. (2016) expliquent qu’un revenu plus élevé mène à une espérance de vie plus longue. La différence d’espérance de vie entre le 1% le plus riche et le 1% le plus pauvre est de 14,6 années.

Hegedus (2018) fait état d’un fort lien négatif entre le niveau de pauvreté et l’accomplissement scolaire : plus un enfant provient d’un milieu défavorisé, moins bonnes sont ses chances de réussite académique.

Concrètement, une ville avec davantage de pauvreté est une ville où il y a davantage de drogue, où les gens vivent moins longtemps et où les enfants réussissent moins bien à l’école. S’agit-il d’un endroit intéressant pour élever une famille ? On peut en douter.

Voici les résultats, pour chaque ville (il est possible de cliquer sur les sous-titres pour classer les données) :

La proportion des ménages vivant dans la pauvreté, selon la ville, dans la région de montréal

Villes1er décile2e décileTotal
Baie-D'Urfé5%4%9%
Beaconsfield4%4%8%
Beauharnois9%12%21%
Beloeil4%7%11%
Blainville4%6%9%
Bois-des-Filion6%9%15%
Boisbriand5%9%14%
Boucherville3%4%6%
Brossard7%10%17%
Candiac3%4%7%
Carignan2%5%7%
Chambly4%6%10%
Charlemagne8%12%21%
Châteauguay8%9%17%
Côte-Saint-Luc11%13%24%
Coteau-du-Lac4%6%10%
Delson4%7%10%
Deux-Montagnes6%8%14%
Dollard-Des Ormeaux6%9%15%
Dorval8%8%16%
Gore10%11%22%
Hampstead8%6%14%
Hudson6%8%14%
Kirkland4%4%8%
L'Assomption5%9%14%
L'Épiphanie (ville)10%13%23%
L'Épiphanie (paroisse)8%11%19%
L'Île-Perrot7%10%17%
La Prairie5%7%12%
Laval7%10%17%
Lavaltrie6%11%17%
Léry5%7%12%
Les Cèdres4%7%11%
Les Coteaux5%8%13%
Longueuil10%11%21%
Lorraine3%4%7%
Mascouche4%7%11%
McMasterville4%7%11%
Mercier3%6%10%
Mirabel5%8%13%
Mont-Royal8%7%15%
Mont-Saint-Hilaire4%6%9%
Montréal16%14%30%
Montréal-Est15%13%29%
Montréal-Ouest6%6%11%
Notre-Dame-de-l'Île-Perrot3%5%8%
Oka7%9%16%
Otterburn Park3%6%8%
Pincourt4%7%10%
Pointe-Calumet8%12%20%
Pointe-Claire5%7%12%
Pointe-des-Cascades7%8%15%
Repentigny4%7%11%
Richelieu6%10%16%
Rosemère3%6%9%
Saint-Amable5%8%13%
Saint-Basile-le-Grand3%5%7%
Saint-Bruno-de-Montarville3%4%7%
Saint-Colomban5%7%12%
Saint-Constant3%6%9%
Saint-Eustache6%9%15%
Saint-Isidore4%9%13%
Saint-Jérôme11%14%25%
Saint-Joseph-du-Lac4%7%11%
Saint-Lambert6%7%12%
Saint-Lazare3%5%8%
Saint-Mathias-sur-Richelieu5%9%14%
Saint-Mathieu4%8%12%
Saint-Mathieu-de-Beloeil3%4%7%
Saint-Philippe3%7%10%
Saint-Placide10%11%21%
Saint-Sulpice, Paroisse5%8%13%
Saint-Zotique4%8%12%
Sainte-Anne-de-Bellevue11%9%20%
Sainte-Anne-des-Plaines5%10%15%
Sainte-Catherine4%7%11%
Sainte-Julie2%4%6%
Sainte-Marthe-sur-le-Lac3%7%10%
Sainte-Thérèse10%12%22%
Senneville7%5%13%
Terrasse-Vaudreuil5%7%12%
Terrebonne5%8%12%
Varennes3%5%8%
Vaudreuil-Dorion4%7%12%
Vaudreuil-sur-le-Lac3%3%6%
Verchères4%8%12%
Westmount11%6%18%

Source : Décile inférieur et deuxième décile du revenu, Recensement de Statistique Canada (2016) N.B. Les données pour L’Île-Cadieux n’étaient pas disponibles.



On constante que les trois meilleures villes, c’est-à-dire celles où il y a le moins de pauvreté, sont :

  • Boucherville ;
  • Sainte-Julie ;
  • Vaudreuil-sur-le-Lac.

À l’inverse, les trois pires villes sont :

  • Montréal ;
  • Montréal-Est ;
  • Saint-Jérôme.

Personne n’est condamné par la présence de poches de pauvreté dans son quartier ou dans sa ville. Cependant, si on désire assurer à sa famille le meilleur milieu de vie possible, il peut être intéressant de consulter ce tableau et de choisir en conséquence.

Les meilleures villes où élever une famille dans la région de Montréal

La région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal compte près de 4 millions d’habitants et est déterminée en fonction des habitudes de navettage de ses habitants. Il s’agit de la deuxième RMR la plus populeuse au Canada. Sur un si vaste territoire, quelles sont les meilleures villes où élever une famille ? La réponse ici.

La carte ci-dessous (on peut cliquer sur l’image pour l’agrandir), compilée grâce aux données de Statistique Canada (recensement de 2016), fait état des meilleures et des pires villes de la RMR de Montréal pour élever une famille. Cette carte est comparative, c’est-à-dire que les zones en vert sont jugées meilleures que les zones en rouge, mais qu’une zone rouge n’est pas nécessairement un mauvais endroit pour y élever des enfants. Par exemple, Montréal est en rouge parce que d’un point de vue global il s’agit comparativement d’un endroit moins intéressant pour élever des enfants, mais certains quartiers de Montréal sont sûrement supérieurs à d’autres quartiers dans d’autres villes. La moyenne de chaque ville est considérée.



Ces résultats sont basés sur une analyse comparative de quatre facteurs et quatorze sous-facteurs.

  • Structure familiale (la proportion de la population âgée de moins de quinze ans, la proportion de couples mariés ou en union libre et la proportion de familles monoparentales) ;
  • Cohésion sociale (la proportion de la population ayant le français en tant que langue maternelle, la proportion de la population ayant le français en tant que langue d’usage et la proportion de la population étant née au pays) ;
  • Situation financière (la proportion des ménages ayant un revenu dans le décile inférieur, la proportion des logements nécessitant des réparations majeures, la proportion des ménages dépensant plus de 30% de leurs revenus pour se loger, le taux de chômage et la proportion de la population dont le diplôme d’études secondaires constitue le plus haut diplôme) ;
  • Enracinement local (la proportion de la population dont le trajet domicile-travail prend moins de quinze minutes, la proportion de la population dont le trajet domicile-travail se fait en transport en commun, à pied ou à bicyclette et la proportion de la population n’ayant pas déménagé depuis cinq ans).

Plus de détails sur ces facteurs et la méthodologie suivie ici (en adaptant l’analyse par quartiers à celle des villes).

Ce qui frappe le plus en regardant cette garde, c’est à quel point les zones sont bien délimitées. On pourrait diviser la RMR de Montréal en trois sections distinctes par rapport aux endroits où élever une famille :

  1. La rive-sud de Montréal. À l’exception de deux ou trois villes, il s’agit d’un secteur très favorisé pour élever une famille.
  2. L’île de Montréal. À l’exception de deux ou trois villes, il s’agit d’un secteur très défavorisé pour élever une famille.
  3. La rive-nord de Montréal. Sauf quelques exceptions plus favorables ou défavorables, il s’agit d’un secteur relativement neutre.

Voici les résultats détaillés avec les statistiques par thème, pour chaque ville de la RMR de Montréal. On peut agrandir le tableau en le cliquant.



LES CINQ MEILLEURES VILLES de la région de montréal

Sans surprise, les cinq meilleures villes de la région de Montréal pour élever une famille sont toutes situées sur la rive-sud de Montréal (incluant l’ouest de la Montérégie).

  1. Saint-Isidore. Avec un habitant sur cinq ayant moins de quinze ans, 99% de la population ayant le français comme langue d’usage, seulement 4% des ménages dans le décile inférieur de revenus et plus de 34% des travailleurs faisant leur trajet domicile-travail en moins de quinze minutes (le meilleur résultat de la région de Montréal), cette municipalité constitue le lieu idéal, dans la région de Montréal, pour élever des enfants.
  2. Saint-Mathieu-de-Beloeil. Avec près de 70% de la population de quinze ans et plus en couple (le meilleur résultat de la région de Montréal), seulement 9% de familles monoparentales, seulement 3% des ménages dans le décile inférieur des revenus et un taux de chômage au moment du recensement de seulement 4%, cette ville constitue le deuxième meilleur choix de la région de Montréal pour y élever une famille.
  3. Vaudreuil-sur-le-Lac. Avec un peu moins d’un habitant sur cinq ayant moins de quinze ans, 69% de couples mariés, seulement 10% des ménages dépensant plus de 30% de leurs revenus en frais de logement et un impressionnant 84% des habitants n’ayant pas déménagé depuis cinq ans (le meilleur résultat de la région de Montréal), Vaudreuil-sur-le-Lac constitue un choix plus qu’intéressant pour élever une famille en Montérégie ouest.
  4. Sainte-Julie. Avec 19% des habitants qui ont moins de quinze ans, seulement 2% des ménages qui ont un revenu dans le décile inférieur (le meilleur résultat de la région de Montréal) et trois ménages sur quatre n’ayant pas déménagé depuis cinq ans, cette ville est un lieu de prédilection pour fonder une famille.
  5. Saint-Basile-le-Grand. Avec 22% de ses habitants qui ont moins de quinze ans et des statistiques comparables à Saint-Julie, cette ville se situe au cinquième rang des meilleures municipalités de la région de Montréal pour élever des enfants.

LES CINQ PIRES VILLES de la région de montréal

Encore une fois, pas de surprise : les cinq pires villes pour élever des enfants sont toutes situées sur l’île de Montréal.

  1. Côte-Saint-Luc. Avec seulement 16% de la population ayant le français comme langue d’usage, 55% de la population étant née au pays (le pire résultat de la région de Montréal), 37% des ménages dépensant plus de 30% de leurs revenus en frais de logement et seulement 16% des travailleurs faisant leur trajet domicile-travail en moins de quinze minutes, cette ville constitue le pire endroit de la région de Montréal pour y élever des enfants.
  2. Montréal. Bien qu’il y a des quartiers probablement très acceptables pour élever des enfants à Montréal, en moyenne, la ville-centre de la région constitue le deuxième pire endroit pour élever des enfants. On y trouve seulement 48% de couples, 50% des habitants n’ont pas le français comme langue maternelle, seulement 66% de la population est née au pays, 31% des ménages dépensent plus de 30% de leurs revenus pour se loger et seulement 55% des ménages n’ont pas déménagé depuis cinq ans. Encore une fois, Montréal constitue une ville très inégale, mais dans son ensemble, il s’agit d’un endroit bien peu favorable pour y élever une famille.
  3. Montréal-Est. Le paradis des familles… monoparentales, avec 31% de la population de plus de quinze ans (de loin le résultat le plus élevé de la région de Montréal), et, sans surprise, seulement 43% de couples (encore une fois, le pire résultat de la région) et près de 12% des logements nécessitant des réparations majeures. Ajoutons le fait que 23% de la population de plus de quinze ans a un diplôme d’études secondaires (DES) comme plus haut diplôme obtenu, et on a une ville vraiment peu intéressante pour y fonder une famille.
  4. Sainte-Anne-de-Bellevue. Avec seulement 12% d’enfants, 31% de la population ayant le français comme langue d’usage, 11% des ménages dans le décile inférieur des revenus et 25% des ménages dépensant plus de 30% de leurs revenus pour se loger, cette ville de l’ouest de l’île de Montréal n’offre guère des conditions intéressantes pour élever une famille.
  5. Dollard-Des Ormeaux. Avec seulement 14% de la population ayant le français comme langue d’usage, 60% de la population étant née au pays, plus d’un ménage sur cinq dépensant plus de 30% de ses revenus en frais de logement et 25% des habitants de plus de quinze ans ayant un DES comme plus haut diplôme obtenu, ce n’est guère un milieu très favorable pour y élever des enfants.

RIVE-SUD

Les cinq meilleures villes sur la rive-sud ont déjà été indiquées puisqu’elles sont également les meilleures de la région de Montréal.

Les cinq pires villes sur la rive-sud sont :

  1. L’Île-Perrot ;
  2. Brossard ;
  3. Longueuil ;
  4. Châteauguay ;
  5. Hudson.

îLE DE MONTRÉAL

Les cinq « meilleures » villes (on aurait envie d’écrire : « les moins pires ») sur l’île de Montréal sont :

  1. Senneville ;
  2. Beaconsfield ;
  3. Kirkland ;
  4. Baie-D’Urfé ;
  5. Montréal-Ouest.

Les cinq pires villes sur l’île de Montréal ont déjà été indiquées puisqu’elles sont également les pires de toute la région.

RIVE-NORD

Les cinq meilleures villes de la rive-nord de Montréal sont :

  1. Saint-Joseph-du-Lac ;
  2. Sainte-Marthe-sur-le-Lac ;
  3. Oka ;
  4. Rosemère ;
  5. Lorraine.

Les cinq pires villes de la rive-nord de Montréal sont :

  1. Sainte-Thérèse ;
  2. Gore ;
  3. Saint-Jérôme ;
  4. Bois-des-Filion ;
  5. Charlemagne.

EN CONCLUSION

Le meilleur endroit pour élever des enfants, d’une manière générale, se situe sur la rive-sud de Montréal. Encore une fois, il importe de rappeler que des villes qui offrent des conditions plus négatives peuvent avoir des quartiers plus favorables (Sainte-Thérèse constitue un bon exemple, alors que la ville dans son ensemble a des statistiques très mauvaises mais que certains quartiers sont tout de même plus intéressants) et qu’à l’inverse des villes offrant des conditions plus favorables peuvent avoir des quartiers moins intéressant.

Dans tous les cas, il est possible d’utiliser ces données afin de mettre toutes les chances de son côté et d’offrir les meilleures conditions possibles à ses enfants.