Étiquette : immigrants

Où vivent les immigrants à Saint-Jérôme ?

La ville de Saint-Jérôme, au nord de Montréal, ne fait pas partie des meilleures villes de la région pour fonder une famille et elle possède une criminalité assez élevée en comparaison d’autres villes. Malgré tout, elle possède d’excellents quartiers pour élever des enfants. Quand vient le temps de choisir un quartier où vivre, il peut également être intéressant d’en connaître davantage sur la composition démographique du quartier. Par exemple, y a-t-il beaucoup d’immigrants ?

Voici, ci-bas, une carte qu’il est possible de cliquer pour agrandir et qui fait état des endroits où il y a le plus d’immigrants (en rouge) et ceux où il y en a le moins (en vert). Les immigrants de première génération (les personnes nées à l’extérieur du pays) et de deuxième génération (les personnes dont au moins un des deux parents n’est pas né au pays) ont été considérés pour ce calcul.



On remarque, en observant cette carte, que les secteurs où il y a davantage d’immigrants et ceux où il y en a moins se côtoient et se chevauchent régulièrement, ce qui témoigne d’une répartition relativement équitable de l’immigration. Les secteurs où il y a le moins d’immigrants sont principalement situés dans les zones plus rurales du quartier Bellefeuille, dans Saint-Antoine, le long de la rivière dans le centre de la ville et vers Lafontaine.

Plusieurs études scientifiques font état des effets de l’immigration au sein d’un quartier :

  • Crowder, Hall et Tolnay (2011) démontrent que l’importance relative de la population immigrante dans un quartier est positivement reliée à la probabilité de déménager dans un autre quartier et, à l’inverse, qu’une large population immigrante dans les quartiers voisins réduit la probabilité de déménager.
  • Rokeach et al. (1960)1 démontrent qu’il y a une tendance naturelle des gens à s’associer, à socialiser et à être plus confortables avec d’autres personnes partageant des systèmes de croyances similaires. Plus grande et la similarité perçue des autres, le plus on leur fait confiance.
  • Saiz et Wachter (2006) expliquent que la valeur des logements dans les quartiers à forte proportion immigrante augmente comparativement moins rapidement que dans les autres quartiers. La population native est prête à payer une prime pour habiter dans un quartier où il y a moins d’immigrants.
  • Hall et Crowder (2013) arrivent à la même conclusion : une plus grande proportion immigrante dans un quartier encourage une fuite de ce quartier par la population locale. Un quartier où une personne sur cinq est immigrante augmente de plus du double la probabilité d’un exil de la part de la population native. En outre, la population native déménage systématiquement dans des quartiers où il y a moins d’immigrants que le quartier qu’elle a quitté.
  • Alesina et La Ferrara (2002) font également état du fait que la confiance entre les citoyens d’un quartier augmente également en fonction du temps passé par chaque citoyen au sein de celui-ci ; les quartiers où il y a plus de déménagements ont un taux de confiance sociale plus bas.

Concrètement, un quartier avec une plus forte immigration a une confiance plus faible entre ses citoyens, des déménagements plus fréquents et une augmentation moins rapide de la valeur des propriétés. Il s’agit là d’une information intéressante à connaître pour tout acheteur potentiel d’une propriété à Saint-Jérôme.

On peut lire d’autres données et d’autres études dans la méthodologie.

Voici les résultats, pour chaque quartier :

Les quartiers de Saint-Jérôme selon la proportion d’immigrants

Secteurs1ère génération2e générationTotal
13%3%6%
22%3%6%
34%6%10%
42%3%5%
50%2%2%
62%3%6%
73%3%6%
84%6%11%
97%4%11%
103%5%7%
114%5%9%
125%2%7%
135%2%7%
143%6%9%
151%3%4%
161%3%4%
172%2%4%
188%7%15%
194%5%9%
200%0%0%
210%4%4%
225%5%10%
234%2%6%
246%5%11%
253%3%6%
263%3%5%
275%5%10%
288%4%12%
295%3%8%
308%2%10%
3110%4%14%
325%5%10%
336%3%9%
3417%8%24%
355%8%13%
365%4%9%
370%3%3%
388%4%12%
390%2%2%
403%3%5%
414%4%8%
427%0%7%
432%2%3%
448%3%10%
4511%0%11%
462%2%5%
4716%8%23%
485%3%8%
492%2%5%
5012%2%14%
519%3%12%
5210%8%18%
536%6%12%
545%2%7%
551%2%3%
563%2%5%
572%4%7%
585%3%8%
596%3%9%
600%2%2%
613%5%7%
627%5%11%
634%2%5%
644%3%7%
6511%6%17%
666%6%12%
676%2%8%
683%3%5%
692%0%2%
700%2%2%
713%6%9%
722%3%4%
730%3%3%
744%8%11%
758%4%12%
764%4%8%
772%1%3%
787%5%12%
794%2%6%
809%6%15%
812%4%6%
824%5%9%
833%4%7%
843%4%7%
855%7%11%
864%4%9%
870%4%4%
886%6%12%
898%7%15%
907%6%14%
916%6%12%
927%2%8%
932%3%5%
942%2%4%
956%2%8%
963%3%6%
976%6%12%
986%4%11%
992%2%4%
1004%7%11%

Source : Recensement de Statistique Canada (2016) et calculs de l’auteur.



On constate que les secteurs 34 et 47, dans l’est du centre de la ville, sont les endroits où il y a le plus d’immigrants. En effet, un peu moins d’un habitant sur quatre y est d’origine immigrante, de première ou de deuxième génération. À l’inverse, il y a plusieurs secteurs plus favorisés, par exemple le 20, dans Lafontaine, mais aussi les secteurs 5, 39, 60, 69 et 70.

Saint-Jérôme constitue une ville ayant, pour le moment, une immigration encore relativement basse, en comparaison avec d’autres villes du sud du Québec. En choisissant le bon quartier où s’installer, on peut bien y vivre dans un environnement où les gens se font confiance entre eux.